Mont Saint Michel

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Rochers, polders et sables mouvants

Le marnage très important dans la région du Mont Saint Michel permet à une grande partie de sa baie d'être découverte à marée basse. Trois rivières se jettent dans cette baie : le Couesnon, la Sée et la Sélune. La très faible pente de la baie et l'important marnage provoque par grande marée la formation d'un mascaret dans ces rivières qui peut remonter plusieurs kilomètres dans les terres. Deux îlots granitiques se trouvent dans la Baie du Mont Saint-Michel, Tombelaine et le Mont Saint-Michel. Secteur très vivant, la baie abrite une grande variété d'oiseaux et des phoques veaux marins.

Le Mont, un rocher au milieu des flots

Reflet du Mont Saint Michel dans la baieLe mont Saint-Michel est en fait un îlot rocheux granitique situé à l'est de l'embouchure du fleuve du Couesnon, îlot sur lequel a été construit un sanctuaire en l'honneur de l'archange saint Michel à partir de 709. Antérieurement à cette date, il était connu comme le "Mont Tombe". Pendant tout le Moyen Age, il fut couramment appelé "Mont Saint-Michel au péril de la mer".

Le rocher ne représente qu'une petite partie de la commune qui s'étend aussi sur la digue et plusieurs dizaines d'hectares de polders. La partie essentielle du rocher est couverte par l'emprise au sol de l'abbaye du mont Saint-Michel et de son domaine.

L'îlot est une excroissance granitique d'environ 960 mètres de circonférence, qui atteint 92 mètres d'altitude et offre une superficie émergée d'environ 280 ha, au dessus de laquelle s'élève l'abbaye. Cet îlot s'élève dans une grande plaine sablonneuse que la marée envahit deux fois par jour.

Les marées dans la baie

Au milieu d'une baieLes marées dans la baie du mont Saint-Michel ont de quoi impressionner : d'une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L'expression consacrée est que "la marée monte à la vitesse d'un cheval au galop".

La vérité est qu'elle est plus proche de la vitesse d'un homme qui marche, mais elle a malheureusement coûté la vie à beaucoup d'incrédules.

Les sables mouvants

Sables mouvants dans la baie du Mont Saint MichelLa baie du Mont Saint Michel présente la particularité d'être pratiquement plate et donc sujette à l'envasement. La traversée des grèves de la baie peut donc s'avérer très dangereuse en l'absence d'un guide expérimenté. La traversée de la Sée et de la Sélune n'oppose qu'une maigre difficulté, mais il existe plusieurs zones de sables mouvants dans les parties sableuses de la baie, surtout les chenaux, comme dans toute zone très plate, qui divaguent de jour en jour.

Conjuguée à une amplitude de marée exceptionnelle, cette configuration rend la zone dangereuse, surtout par temps de brume, causant des noyades non par réel enlisement, mais par épuisement, car le sol tout à la fois se dérobe sous le mouvement et bloque si on ne bouge pas.

Si le chenal se remplit alors, il convient de dégager ses pieds au maximum et de nager à la force des bras ; la théorie prévoit que l'on flotte, mais l'hypothermie tue si on ne se dégage pas rapidement. Il faut noter qu'essayer d'empêcher une personne de s'enliser en la tractant afin qu'elle retrouve la terre ferme est impossible, puisque son poids équivaut approximativement à celui d'une voiture dans cette situation.

Digue et polders

Au fil des années, la baie du mont Saint-Michel fut sujette à la poldérisation de la part de ses propriétaires riverains. L'action la plus marquante en ce sens fut la construction en 1880 d'une digue insubmersible par les Ponts et Chaussées, malgré l'opposition de diverses autorités.
Cette digue et celle de la Roche-Torin précipitèrent l'ensablement de la baie, et il est maintenant question de démolir la digue qui relie le mont au continent, ceci afin d’endiguer cet ensablement qui menace l'insularité du mont.
La digue d'accès construite au XIXe siècle, qui retient le sable, aggrave donc l'ensablement naturel de la baie, au point que le mont pourrait cesser d'être une île.

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