Découverte du Mont Saint Michel

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Une extraordinaire construction

AbbatialeL'église abbatiale est des plus intéressantes à étudier, car elle démontre la grandeur et la hardiesse de l'oeuvre de Hildebert. Au lieu de saper la crête de la montagne, et surtout pour ne rien enlever à la majesté du piédestal, il forma un vaste plateau dont le centre affleure l'extrémité du rocher, dont les côtés reposent sur des murs et des piles, reliés par des voûtes, et forment un soubassement d'une solidité parfaite.

Sous les transepts, les chapelles basses et les cryptes n'ont donc pas été creusées dans le roc comme on pourrait le penser, mais ménagées dans l'espace existant entre la déclivité de la montagne et le plateau construit par Hildebert.

L'église du Mont Saint Michel, commencée en 1020, fut achevée vers 1135 par Bernard du Bec, treizième abbé du Mont. L'abbatiale avait alors la forme d'une croix latine, figurée par la Nef composée de sept travées, par les deux Transepts et enfin par le Choeur. Il subsiste quatre travées, les piliers triomphaux qui supportaient le clocher roman, les deux transepts, les deux chapelles semi-circulaires pratiquées dans les faces est des transepts, et enfin les amorces du Choeur ruiné en 1421.

La Nef de l'abbatiale

Nef de l'abbatialeLa Nef de l'église se composait à l'origine de sept travées, dont les trois premières ont été détruites en 1776. Après sa mutilation, la Nef fut fermée vers 1780 par une façade construite selon la mode du temps. Le portail ancien était précédé d'un parvis, établi sur les substructions romanes soutenues par de puissants contreforts.

Le vaisseau antérieur est formé de trois parties, c'est à dire d'une grande nef et de deux collatéraux, relativement étroits. Ainsi que dans la plupart des églises construites au commencement du XIe siècle en Normandie, la nef centrale était couverte par une charpente apparente qui a disparue lors d'un incendie en 1834. Les bas-côtés seuls étaient voûtés par des arcs doubleaux, latéraux et transversaux, dont les intervalles sont remplis par des voûtes d'arêtes.
Les colonnes, placées du côté de la grande nef, s'élèvent jusqu'à la corniche supérieure et, couronnées de chapiteaux, supportaient autrefois les fermes de la charpente apparente.

A l'intersection de la Nef et des Transepts s'élèvent les piliers triomphaux construits en 1058 par Radulphe de Beaumont, lesquels soutenaient le clocher, réédifié plusieurs fois depuis les premières années du XIIe siècle, complètement détruit à la fin du XVIe siècle et remplacé en 1602 par un massif pavillon carré. De ces quatre piliers, deux sont restés à peu près droit, mais les deux qui joignent le Choeur ont beaucoup souffert de l'écroulement de 1421.

Le Choeur

Choeur de l'abbatialeLe Choeur roman a complètement disparu après l'écroulement de 1421. Le Choeur actuel fut construit de 1450 à 1521. Bien qu'il soit bâti tout en granit, il est très délicatement ouvragé et présente un bel exemple de l'architecture ogivale. Il se compose d'une nef centrale, terminée à l'est par une abside à pans coupés, enveloppée d'un bas-côté autour duquel s'étendent et rayonnent les chapelles latérales et absidales.

Les chapelles du côté nord sont plus étroites que celles du côté sud et de formes différentes. Cette dissemblance voulue par l'architecte s'explique par la proximité des bâtiments annexes de la Merveille, lesquels auraient été entamés par le collatéral nord si cette partie de l'église avant été absolument semblable à celle du sud.

Le Choeur est une oeuvre remarquable, la conception en est grande et son exécution un véritable chef-d'oeuvre du genre. La précision et la régularité des détails du plan démontrent qu'une science et une habileté consommées ont présidé aux opérations géométriques de sa plantation. Et la perfection de la taille du granit, la netteté des moulures, des sculptures les plus fines et les plus compliquées indiquent que les plus grands soins ont été apportés à leur difficile exécution.

Bibliographie : Edouard Corroyer, Description de l’Abbaye du Mont Saint-Michel et de ses Abords.
Paris, Dumoulin, 1877.